Comment initier bébé au fromage

Vous rêvez d’élever un enfant qui se délecte de fromages persillés et ne jure que par le brie d’ici? Bonne nouvelle: le goût, ça se développe. Et on peut commencer dès le berceau!

Pour initier bébé au fromage, il faut respecter son rythme. Règle générale, on peut introduire les aliments complémentaires vers quatre à six mois, en commençant par ceux qui sont riches en fer, selon Santé Canada et le guide Mieux vivre avec notre enfant. Une fois que ces premiers sont bien intégrés, on peut faire goûter les fruits, les légumes, les céréales et les produits laitiers à l’enfant.

Évidemment, quelques précautions s’imposent la première fois qu’on fait goûter du fromage à un bébé: « On évite de servir des gros morceaux difficiles à mastiquer, conseille Karine Gravel, nutritionniste et docteure en nutrition. On mise sur de petites quantités afin de laisser l’enfant apprivoiser ce nouvel aliment. » On évite aussi les fromages dont la teneur en sel est très élevée, ainsi que ceux au lait cru, car le système immunitaire du bébé n’est pas encore suffisamment mature. Puisqu’un nourrisson a besoin de matières grasses pour assurer son développement, les fromages allégés ne sont pas la meilleure option. Toutefois, les cas d’intolérance alimentaire ou d’allergie au fromage sont extrêmement rares chez les bébés. Cela dit, si on a le moindre soupçon, on cesse de lui servir du fromage, et on consulte un pédiatre ou un nutritionniste.

Par quel fromage commencer?

Une seule règle s’impose, c’est d’aller du plus doux au plus relevé. «On lui présente tout d’abord des pâtes fraîches, à la texture légère et au goût délicat, à servir à la cuillère, tels la ricotta, le cottage ou le quark, recommande Karine Gravel. Par la suite, on lui propose des fromages moelleux et faibles en sodium, comme la mozzarella ou le bocconcini. Coupés en tranches fines ou rapés dans une préparation, ils exigent peu de mastication.»

Dans les semaines qui suivent, on pourra varier les propositions et faire goûter des pâtes molles au goût frais et à la texture onctueuse, comme le brie et le camembert d’ici. On les fait d’abord sentir à l’enfant, puis on en retire la croûte avant de lui donner un morceau tel quel ou étalé sur un bout de pain. Au fur et à mesure que le goût de l’enfant se développe, on élargit la palette des saveurs: «On passe d’un petit cube de cheddar ou de gouda au goût plutôt doux, à celui plus prononcé d’un suisse, d’un gouda fumé ou d’un parmesan, dont on retire toujours la croûte», suggère Estelle Thériault, conseillère au Centre d’expertise fromagère.

À quel moment peut-on initier bébé aux fromages plus relevés, comme les bleus? Tout dépend de la personnalité de l’enfant, selon Estelle Thériault. L’idéal pour lui faire apprivoiser les pâtes persillées, c’est de passer des bleus aux saveurs les plus douces à celles plus marquées.

Pour rendre le fromage encore plus attirant, on peut aussi faire preuve de ruse! «On l’étale sur du pain, et on le garnit d’un peu de pâte de fruits, de confiture de fruits, de miel pasteurisé (si l’enfant a plus d’un an) ou de caramel, ou on le découpe dans des formes ludiques», conseille Mme Thériault. «Des fruits frais, coupés en petits morceaux, apporteront également de la couleur, complète Karine Gravel. Et lorsque bébé grandira, on pourra faire des brochettes de fruits et de fromages avec lui

Et si bébé rechigne?

«Certains enfants devront être exposés à un aliment de 15 à 20 fois avant de l’apprécier, dit la nutritionniste Karine Gravel. C’est normal! Si votre bébé détourne la tête, faites une nouvelle tentative, sans forcer quoi que ce soit. Si c’est toujours non, vous pouvez remettre le fromage au menu deux ou trois semaines plus tard. Sachant qu’un enfant aime bien imiter son parent, on peut manger un morceau de fromage devant lui et montrer à quel point on trouve ça bon!» Une excellente façon de prêcher par l’exemple… et de se faire plaisir du même coup!

Sources:

Institut national de santé publique (INSPQ). Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans

Gouvernement du Canada. Guide sur la salubrité des aliments pour les enfants âgés de cinq ans et moins